Le Liban, avec ses quelque 300.000 utilisateurs d'Internet, soit
près d'un dixième de la population, affiche un des
taux de pénétration les plus élevés
de la région. Du point de vue de sa présence sur
la Toile, on dénombre environ 5000 sites considérés
comme libanais, dont environ 1500 sont enregistrés en .lb,
sur lesquels on constate sans surprise l'omniprésence de
l'anglais, tant au niveau de l'Interface que du contenu, et surtout
au sein de sites à vocation commerciale ou financière.
Il est suivi non pas du français mais bien de l'arabe.
Ce faible pourcentage des sites libanais francophones ne doit
pour autant pas faire oublier la place privilégiée
qu'occupe la langue française au Liban, consciement perçue
et vécue par une majorité de Libanais (pour des
raisons historiques, sociales, économiques et culturelles
provenant de la situation géographique du pays au carrefour
des continents et des civilisations), comme le véhicule
d'une culture qui leur permet d'exprimer leur spécificité.
C'est pourquoi la francophonie est aujourd'hui une composante
essentielle de l'identité culturelle libanaise.
Et c'est bien ce rôle qui se traduit dans les thématiques
affichées par les sites libanais francophones. On constate
par exemple que nombre de sites à vocation culturelle privilégient
le français pour décrire leurs activités
ou annoncer les événements à venir.
C'est le cas, par exemple, des sites de l'Association libanaise
pour le développement du mécénat culturel
(www.liban-culture.org), de l'Agenda
culturel (www.agendaculturel.com),
de la Fondation arabe pour l'image (www.fai.org.lb),
ou de la "galerie virtuelle" OrientArt (www.orientart.com).
Le français est également très représenté
sur les sites dressant le portrait du Liban en tant que destination
touristique. On peut ainsi citer l'incontournable site de l'Office
du Tourisme (www.ot-liban.com), ceux
de Kalamus et LebanonPanorama, destinés à fournir
des informations pratiques aux touristes (www.kalamus.com
et www.lebanonpanorama.com),
ou encore Cèdre Voyage, agence de voyages libanaise, qui
utilise les potentialités du Web pour faire connaître
ses activités (www.cedre-voyage.com).
En ce qui concerne les portails libanais, on constate que certains
d'entre eux se montrent résolument francophones, comme
Le-Liban.com (www.le-liban.com),
Terranet (www.terra.net.lb),
First Lebanon (www.1stlebanon.net),
Plugged (www.plugged.com.lb), Webportalis
(www.webportalis.com),
et marquent de leurs initiatives variées (telle le "Concours
de l'internaute libanais francophone" organisé par
Libanvision) la présence du français sur la Toile
libanaise.
Certains représentants de la presse libanaise ont eux aussi
pris le parti, au moment de développer la version du Web
de leur publication, de privilégier le français
pour atteindre leurs lecteurs. C'est le cas par exemple du seul
quotidien francophone du Liban, L'Orient Le Jour (www.lorientlejour.com),
des hebdomadaires La Revue du Liban (www.rdl.com.lb)
et L'Hebdo Magazine (www.magazine.com.lb),
ou du mensuel économique Le Commerce du Levant (www.lecommercedulevant.com).
Un état des lieux de l'internet francophone au Liban ne
saurait évidemment passer à côté des
sites développés par les (innombrables !) universités,
centres de recherche, et écoles de ce pays, qui pour la
plupart utilisent le français pour décrire leurs
activités et présenter leurs formations. Il serait
fastidieux de les lister tous ici, mais citons pour exemple, dans
le secondaire, les sites du Collège de La Sagesse (www.sagesse.edu.lb),
du Lycée franco-libanais de Tripoli (www.lycee-tripoli.edu.lb).
Dans le secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche,
de nombreux établissements pour la plupart membre de l'agence
universitaire de la francophonie, ont leur propres sites, parmi
lesquels : le Centre de recherche et de développement pédagogique
(www.crdp.org),
le Centre d'études et de recherches sur le Moyen-Orient
contemporain (www.lb.refer.org/cermoc),
l'Association Libanaise de Sociologie (www.lb.refer.org/sociologylb),
l'Université Libanaise (www.ul.edu.lb),
l'Université Saint-Esprit de Kaslik (www.usek.edu.lb),
l'Université Saint-Joseph (www.usj.edu.lb),
l'Université islamique du Liban (www.iul.edu.lb),
l'Université des Pères Antonins (www.upa.edu.lb)
et l'Ecole supérieure internationale de gestion (www.universityesig.com).
Cette présence du français ne doit pas se limiter
à un simple choix linguistique dans l'édition de
pages Web.
Elle se doit, pour lutter contre la prédominance de l'anglais
sur la Toile, de proposer des contenus qui marquent la spécificité
francophone au Liban.
C'est dans ce sens que des initiatives comme celles proposées
par le Campus numérique francophone dans les domaines de
la formation à distance et de la mise en ligne de contenus
scientifiques (voir www.moyen-orient.auf.org
et www.campus.lb.refer.org),
peuvent se révéler essentielles pour marquer le
rôle crucial du français en tant que véhicule
de contenus spécifiquement libanais.
Internet représente un outil stratégique de consolidation
économique et identitaire, et le développement des
infrastructures et des initiatives liées à l'Internet,
au Liban, et en Francophonie de manière générale,
peut aider à réaliser un espace de solidarité,
où l'ensemble des acteurs (les opérateurs économiques,
les chercheurs, les populations) peuvent, à tout instant,
apprendre, chercher, échanger,etc., dans un cadre de référence
qui leur est commun.
Agnès Busnel
Campus Numérique de l'AUF